création à l'Espace 44
du 17 au 29 mai 2005
reprise au Théâtre des Asphodèles
du 19 au 22 octobre 2006
publication de Journal d'un vieux dans le recueil de nouvelles "Le monde est triste et beau" Ed. Paroles d'Aube, 96.
Préface de Bernard Simeone :
"Ce n'est certes pas l'angélisme qui caractérise le récit de Judith Lesur "journal d'un vieux". Le raffinement classique y célèbre, comme dans les nouvelles de Jude Stéfan (Les Etats du corps ou la Fête de la patronne), les noces de l'amertume et du style : on sait que la langue française, de longue date, se prête à cette union, et qu'elle y sonne avec une force toute particulière. On peut voir là, indépendamment de la réussite formelle, une facilité décadente, on peut même s'avouer réticent devant le grand-âge exploré par une jeune femme, mais le vieillissement, le suicide et l'inévitable transgression qui accompagne le désir sénile forment une fois de plus un ensemble très convaincant : la férocité du trait accentue, par contraste, la tendresse furtive, la brisure du deuil, l'impuissance devant la mort de l'autre. On touche à plusieurs reprises aux parages inquiétants où le fiel pourrait être de la pudeur. Si Judith Lesur, après bien d'autres, se veut l'exploratrice des zones d'ombre à l'intérieur de l'être, c'est surtout, plus inavouable encore, une ténèbre de langue et d'écriture qu'elle nous offre."
LA VIDEO
L'incursion des images dessinent le paysage mental du personnage, mélangeant lieux et figures du passé avec des sensations de l'instant.
LE DECOR
Dans une ambiance noir et blanc propice au clair-obscur, un unique fauteuil et des panneaux symbolisant l'intérieur dépouillé d'un appartement.
Le sol se transforme en plan de la ville, dernières traces du monde extérieur où se mêlent souvenirs réels et imaginaires.
LES PERSONNAGES
Le vieux
Le cynisme face à sa décrépitude le rend tour à tour touchant et odieux. Son costume étriqué et son langage parfois prétentieux laissent deviner un passé dÕintellectuel aigri. Lucidité, autodérision et humour noir se craquèlent parfois et révèlent la fragilité d'un personnage démuni face au deuil, la solitude et au vieillissement.
La femme
Mosaïque de femmes passées, présentes ou fantasmées, en chair et en mouvement, elle est le reflet tangible des élucubrations du vieux et la trace physique de ses souvenirs. Successivement monstrueuse et désirable, elle montre le corps tiraillé entre des désirs tyranniques et des plaisirs interdits à la fois par l'affaiblissement physique et les préjugés moraux qui répugnent à représenter le corps vieillissant.
L'HISTOIRE
Un vieil homme seul, dans sa cuisine, prépare l'itinéraire qu'il empruntera à travers la ville jusqu'au lieu le plus sordide où il a décidé de mettre fin à ses jours.
L'anticipation de son geste se mêle aux souvenirs, réels ou imaginaires, et au récit de son quotidien rythmé par les visites de la concierge la Fouine, qu'il s'amuse à faire tourner en bourrique, et de l'infirmière anonyme qui soulage les dérèglements du corps, mais pas ceux de son esprit.
ÒJournal d'un vieuxÓ joue sur la frontière entre intérieur et extérieur : comment représenter l'anarchie des images et pensées qui encombrent un personnage autrement que par le texte ?
La réponse sera à découvrir en partie dans la projection d'images filmées d'une danseuse, fragments de corps en mouvement qui sont l'incarnation des désirs et des souvenirs qui habitent, de manière fugitive ou persistante, l'inconscient.
avec : Henri Osinski
musique : François Lamy
vidéo : Dave Poussin - Mariam Houdrouge
lumière : Nicolas Thévenet
décor : Sébastien Lenoir
crédit photo : Elisabeth Rull






L'ART DE VIEILLIR
théâtre - colloque - expo
octobre 2006