photos Elisabeth Rull - Item

Corps à Corps explore les liens ambigus qui peuvent exister entre l'amour, le sexe et la violence.

Des hommes et des femmes évoquent, en plusieurs tableaux, leur frustration, leur dégoût (le monologue de la bouche et le monologue du grincement), leur désir, l'amour et les obsessions qui peuplent leur intimité (le monologue des paupières), parfois même à leur insu.

L'insolite côtoie la tendresse (dialogue des radis), l'amour s'encanaille avec la mort (dialogue des morts et monologue de la fleur) et les mots s'écorchent vifs (dialogue de la moitié). Mais le corps reconquis, assumé, rime aussi avec plaisir et douceur (le monologue des seins et le monologue de la langue).

 

Jusqu'où peut-on se dire ?

Que sommes-nous prêts à entendre ?

Que peut-on dévoiler ?

L'enjeu de la mise en scène repose sur les rapports intimes et complexes qui existent entre les mots et le corps ; quand la sensualité peut à la fois donner et trahir. Chaque scène explore la problématique de la représentation de l'intimité dans un espace public. Elles jouent sur l'opposition entre le cru et le non-dit, l'exposé et l'occulté, l'obscénité et la pudeur.

La parole, les mots, la voix, sont relayés par le langage du corps chorégraphié (avec l'aide de la danseuse Marie-Zénobie Harlay) et des images projetées (travail avec la photographe Elisabeth Rull).

 

presse

Judith Lesur a proposé une mise en scène très soignée, très esthétique du texte dont elle est aussi l'auteur, Corps à corps. Un titre à prendre au sens propre tant le spectacle se révélait axé sur le jeu des corps souvent nus de jeunes comédiens se frôlant, se touchant, mimant de façon suggestive l'acte sexuel. Le résultat était troublant, introduisant une réflexion sur la nature des attirances feintes ou réelles. D'autant que le texte, lui aussi très cru, venait encore éclairer notre regard sur les liens amoureux et la façon dont ils se traduisent physiquement.

Nicolas Blondeau, Lyon Capitale 30 avril 2003

Les mots font mouche et vous percent le coeur...c'est la langue des tripes, de la douleur morale, de la pulsion violente et tyrannique. quand cette langue se délie, elle ouvre en nous des plaies anciennes, qui se mettent à élancer. Une source coule de nouveau. Il y a une magie noire dans cette parole à vif, puisqu'elle rend la vie, même si c'est pour raviver ce qui s'était calmé et caché dans les profondeurs. Ces mots-là, glacés, font sentir par contraste la tiédeur indifférente de la plupart des textes ; on redécouvre le pouvoir de la littérature, qui sait parfois, rarement, redonner sens et voix à la grande muette, la "Befindlichkeit", la tonalité affective : autant dire l'existence.

François Guery, philosophe

adaptation pour

théâtre d'appartement

à Antony, juin 2002

 

Jouer en appartement, c'est investir des lieux de vie où le public se promène de pièce en pièce

et découvre des comédiens, comme surpris dans leur quotidien,

qui lui font part d'un peu de leur histoire.

Chambre, salon, cuisine, toilettes... deviennent le théâtre d'une tranche de vie partagée,

un instantané pris sur le vif, une intimité momentanément dévoilée,

où gravité et humour se mélangent dans des paroles parfois écorchées, crues, parfois douces...