magazine LYON FEMMES

printemps-été 2004

propos recueillis par

Sandra Moisson

 

crédit photo Eric Soudan

 

Judith Lesur veut filmer sa "fille perchée"

A 32 ans, la Lyonnaise Judith Lesur vient de recevoir le prix du roman et le prix du scénario au Festival International de Films de Femmes de Créteil pour son roman "La fille perchée". Après avoir écrit plusieurs nouvelles et fondé à Lyon la compagnie de théâtre Cadavres exquis, elle cherche des subventions pour réaliser son premier long métrage.

Votre parcours ?

J'ai commencé à écrire à l'âge de 15 ans. Et puis après le bac, je me suis lancée dans des études de philosophie, tout en continuant à écrire. C'est à cette époque que j'ai commencé à faire lire ce que j'écrivais. J'ai même remporté un concours de nouvelles universitaires. Et il y a trois ans, j'ai monté une compagnie de théâtre, Cadavres Exquis, pour laquelle j'écris des textes et je fais de la mise en scène.

Vos sources d'inspiration ?

Au départ, j'ai démarré à partir de sensations, d'émotions... Mais sans avoir de plan précis. Mais je déroule une histoire au fur et à mesure de l'inspiration.

Les thèmes qui reviennent dans vos livres ?

Je m'intéresse au suicide, à la mort mais aussi au corps, à la sexualité. Ce sont des thèmes difficiles mais en général, je m'intéresse à ce qui est compliqué. En tout cas c'est ce qui m'inspire pour le moment. Mais une fois que j'aurais exploré ces thèmes, peut-être que je pourrais parler d'autre chose. C'est ce qu'espèrent mes parents !

Il y a des éléments autobiographiques dans vos écrits ?

Il y a toujours un peu de ma vie qui passe dans mes textes. Et c'est justement ce qui est jouissif dans l'écriture, c'est de pouvoir utiliser des choses vécues et de les transposer. En fait, l'écriture, c'est un exutoire, ça me permet de me poser des questions sur moi-même. Mais j'essaie de ne pas trop réfléchir à ce que j'écris. Et je ne me censure pas, c'est pour ça que ce que j'écris peut paraître un peu dur parfois. Mais j'assume.

L'histoire de La Fille Perchée ?

C'est l'histoire d'une gamine qui se réfugie dans un arbre pour observer sa vie. Elle rencontre des personnages qui l'aident à grandir. Il y a Jérémie, le compagnon de jeu, la Bête, un SDF qui l'accepte telle qu'elle est, Robert, qui l'initie aux jeux adultes. Et Lulu, l'amie qui la fera descendre de son arbre. C'est un roman que j'ai aussi travaillé en scénario. Et l'aboutissement, ce sera la réalisation du long métrage.

Vous allez vous-même tourner ce long métrage ?

Oui, un long métrage, ça peut paraître ambitieux pour un premier film mais je suis convaincue que l'histoire de La fille perchée en vaut la peine. C'est pour ça que je cherche des financements.

Quand devrait commencer le tournage ?

On aimerait tourner en 2005 pour présenter le film en 2006. J'ai déjà presque tous les rôles : ce sont des comédiens lyonnais avec lesquels je travaille déjà. Il me manque simplemnt une comédienne pour le rôle principal de la fille perchée. De plus, on sait qu'on tournera dans la région, autour du village de St Martin en Haut, dans les Monts du Lyonnais.

Ce genre de projet est difficile à mettre en oeuvre ?

Oui, car dans le domaine culturel, les subventions et les aides vont un peu toujours aux mêmes. Du coup, c'est difficile de s'imposer que ce soit au niveau littéraire ou théâtral. J'en ai fait l'expérience. Je me rends compte aujourd'hui que réunir de l'argent pour tourner un film, ce n'est pas facile. Même si on a un bon projet.

Désormais, où vous vous orientez ?

Je continue mes ateliers d'écriture. Et avec la compagnie Cadavres exquis, j'essaie de vendre deux pièces que j'ai écrites. Cet été, on participe au Festival Mens alors près de Grenoble où on va jouer "l'Age du Nu", un texte d'une Lyonnaise, Katia Jaeger, que je mets en scène également... Mais ce projet de film me prend du temps.